Chronique de l’oenographe

  • Chronique de l’oenographe 6 Les vendanges 2012

    On est revenu de loin ! Car cette année 2012 n’a pas épargné le vigneron et ses ouvriers ! La Nature, peut-être un poil revancharde – on ne sait trop pourquoi d’ailleurs – a joué un petit jeu qui nous rappelle l’insignifiance de l’homme face à elle : tour à tour généreuse, ample et prodigue, elle fut, en même temps, insidieuse, taquine et pernicieuse. Le temps y fut pour beaucoup, qui ne savait sur quel pied danser : chaleur certes, mais humidité aussi, cocktail mortel et propice à la prolifération de ce cauchemar des vignerons : l’oïdium.
    La Nature s’énerve, le professionnel réagit : mais quel été, passé dans l’angoisse et l’incertitude ! Surveillances accrues des vignes, traitements répétés, auxquels s’ajoutent quelques pannes techniques : tirez-en la conclusion vous-même : la pause estivale en fut réduite comme peau de chagrin !
    Et que dire du temps exécrable qui sévit durant les vendanges ? Une partie de cache-cache entre Dame la Pluie et Sa Seigneurie le Soleil !
    Heureusement, Nicolas Zufferey et son équipe avaient débuté tôt pour éviter que les maladies ne progressent et pour permettre ainsi au raisin de parvenir à la cave dans un état sanitaire parfait.
    Profitant de sa table de tri acquise l’année dernière, le vigneron eut tout de même fort à faire pour séparer le bon grain de l’ivraie, si l’on ose dire.
    Au final, après tant de tribulations, d’hésitations et de doutes, on peut affirmer que les produits obtenus n’auront rien à envier à leurs prédécesseurs. Une quantité légèrement inférieure certes, mais aussi une fraîcheur bienvenue, aux dires du maître des lieux, devraient caractériser les crus de cette année. La vinification elle-même a nécessité, et nécessitera encore, une attention accrue et un doigté particulier : après les travaux de l’éleveur, c’est maintenant l’œnologue qui fait valoir ses années d’expérience.
    L’amateur de vins, le gastronome ou le simple dégustateur attendent donc le millésime 2012 avec impatience et un plaisir renouvelé.
    Nicolas Zufferey adresse à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette récolte ses vifs remerciements et se réjouit de retrouver ses amis et sa clientèle les 14 et 15 décembre prochain pour la manifestation « Les Fûts sont ouverts » ! Une occasion unique de découvrir les vins en barrique de 2011.

    Pierre Nicolet L’oenographe

  • Chronique de l’oenographe 5 Été – Automne 2012

    Tandis que les vendanges battent leur plein,
    tandis qu’un politicien archéologue a été plébiscité par une foule en délire de partisans défendant, pour certains, ses idées politiques, pour d’autres, son appartenance à un village d’irréductibles autochtones,
    tandis que les stations comptent leurs résidences secondaires,
    tandis que la loi sur l’interdiction totale de la fumée s’apprête à nous enchaîner encore un peu plus (qu’attend-on pour nous interdire d’éructer afin de ne pas « soûler » notre voisin de bar ?),
    pendant tout ce temps-là donc, la Cave des Bernunes a continué à fonctionner à plein régime !
    Jugez plutôt.
    Un mois de juillet chaud et humide qui provoque des poussées néfastes d’oïdium qu’il faut éradiquer avant que toutes les vignes ne soient contaminées.
    Le mois d’août, plus tranquille, et plus chaud aussi, fut surtout marqué par l’arrivée d’un nouveau collaborateur aux formes généreuses, à la faconde proverbiale, au rire tonitruant, à l’estomac blindé et aux qualités de dégustation hors du commun : Nicolas Reuse !
    Et dernièrement, deux week-ends d’affilée, Nicolas Zufferey et son équipe se sont présentés au public d’amateurs de vins et aux dégustateurs de tous poils, lors de deux manifestations connues loin à la ronde.
    Le premier événement était une sorte de retour aux sources, puisque la Cave des Bernunes avait déjà été présente lors d’autres éditions du salon des vins fort prisé qu’est Vinea. Avec un nouvel horaire (vendredi et samedi de 11 h à 19 h), qui n’a pas fait l’unanimité, Vinea attire toujours les foules, plus ou moins connaisseuses, plus ou moins sobres ! Mais y être, s’y montrer, y présenter des vins de qualité devient presque indispensable : les Bernunes auraient eu tort de ne pas profiter de cette occasion pour tenir un stand à l’Avenue Général-Guisan !
    Le deuxième samedi de septembre voyait se dérouler une autre dégustation très courue : la Marche des Cépages. Comme à son habitude, la Cave des Bernunes était présente, et même à deux endroits à la fois ! Sur le parcours même de la marche, une petite tente accueillait les visiteurs prêts à goûter les différents crus de Nicolas Zufferey. Et puis, un peu en contrebas, sur la terrasse à côté de la petite cabane, l’on offrait aux dégustateurs une raclette d’alpage qui fleurait bon la fin de l’été ! Affluence grandissante tout au long de la journée, le temps que les marcheurs atteignent le lieu même qui donne son nom à la cave. Une ambiance qui changeait au gré de l’âge des participants, du nombre de verres et de bouteilles ingurgités sur le parcours et, enfin, de l’envie que pouvait avoir chaque visiteur de déguster ou de simplement consommer. Mais là aussi, grâce à une belle journée ensoleillée, un bilan des plus satisfaisants.
    Prochaine étape qui, à coup sûr, fera l’objet d’une « Chronique de l’oenographe » : les vendanges du millésime 2012. Rendez-vous donc lorsque les cuves et les barriques seront pleines !

    Pierre Nicolet L’oenographe

  • Chronique de l’oenographe 4

    1er, 2 et 3 juin : à la Cave des Bernunes, on a fêté le 25ème millésime de Nicolas Zufferey. Et quelle fête ce fut ! Trois jours de dégustation, de gastronomie, de musique, de rencontres, de plaisir ! Pour que les souvenirs soient lumineux et étoffés, il faut reprendre le tout par le menu.
    Vendredi.
    Le temps est un peu incertain en cet après-midi de juin, mais les météorologues annoncent tout de même une fin de semaine sereine, à part peut-être le dimanche (mais la météorologie est-elle une science exacte ? Pas du côté de Sierre, en tout cas !). Les clients – on devrait dire les amis – commencent à affluer dans la tente de dégustation et dans l’attente fébrile des nouveaux crus !
    Comme l’année dernière, la fête se déroule sur deux niveaux : au rez, le côté technique, la dégustation, les commentaires avisés, les commandes ; et, à l’étage, sur le toit de la cave, la partie festive : fauteuils cossus, tables décorées, coin cigares, bar, cuisine et scène musicale : et ce vendredi, c’est résolument « jazz ». En vedette américaine, le groupe valaisan Latitudes précéda l’arrivée du Stefano Saccon Trio. Avec, en sus, deux « pointures », en guise de solistes invités : tout d’abord le truculent et mirifique trompettiste Flavio Boltro, descendu tout droit de ses montagnes piémontaises et, ensuite, venu en voisin depuis Chermignon, le subtil et extraordinaire pianiste Moncef Genoud. Des moments de virtuosité, mais aussi de grâce. Et tout cela, parmi les effluves des plats chinois concoctés par l’ « Anniviard Jaune », Lou ! Ne chinoisons pas : ce fut une soirée mémorable !
    Samedi.
    Sous un ciel lumineux, la dégustation débute vers 11 h. La chaleur estivale n’a pas empêché une foule curieuse de se masser pour goûter aux joies du 25ème millésime. À l’étage, le jeune cuisinier Sébastien Donati de l’Argilly, à Vex, propose quatre plats d’une grande finesse, tirés de son répertoire : Tartare de veau et de thon rouge ; Brochette de noix de St-Jacques au jambon Serrano ; Caille désossée farcie aux champignons ; Filet de bœuf « Black Angus » : un véritable régal, servi, il faut le souligner, de main de maître par les élèves de l’école de Vatel, résidant au Mercure Hôtel de Martigny.
    Le soir, la cuisine se fait plus régionale, grâce à un veau d’Anniviers qui a tourné toute la journée sur sa broche ! Et la musique aussi emprunte des sentiers valaisans : pour débuter, le charmant duo Mnémosyne de Martigny : deux jeunes femmes, Emilie et Céline Troillet, chantent, dansent, jouent du piano, accompagnées par une batterie et une basse, dans un style pop rock doux et sensuel. Leurs voix suaves ont fait merveille. Et pour terminer la soirée, le groupe The Wild Mumps, avec Nicolas Zufferey lui-même à la batterie, dans une évocation des grands standards de la scène rock, des années 60 à nos jours a enthousiasmé un public qui en a redemandé !
    Dimanche.
    De gros nuages noirs inquiétants traversent le ciel, mais, par miracle, la pluie attendra la fin d’après-midi pour faire une timide apparition !
    Le scénario des deux premiers jours se reproduit le dimanche : on goûte en bas et on dîne en haut ! La Glareyarde : il suffit de prononcer ce mot magique pour que les glandes salivaires se mettent à fonctionner à pleins tuyaux. Quelle joie de retrouver Françoise et Marco Posse et leur mythique spécialité ! Et quel plaisir d’écouter une fois de plus Alexandre Cellier et Antoine Auberson dans leur répertoire universel, avec leurs mille instruments et leurs gags musicaux !
    L’ambiance monte peu à peu sous les chapiteaux. Les DJ se succèdent à la console, le public, heureux d’être là, commence à danser et c’est un tourbillon final de haute volée qui met un terme à ces trois jours de fête.
    La nature prépare déjà le millésime 2012. Mais la célébration de son prédécesseur, 25ème du nom, restera gravée dans les esprits et les cœurs. Merci à tous !

    Pierre Nicolet